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La petite voix

Publié le par delps

Car elle avait une toute petite voix

Elle soufflait sur la braise

Déchirait le mouchoir

Clamait haut et fort

Que le monstre était parti

Qu’il ne reviendrait plus

Hanter ce maudit lieu

La peur la saisit un instant

Puis elle oublia

Pour avancer dans le noir

Elle regardait vers le bas

Elle était montée si haut

Elle redescendrait dans la plaine

Le jour d’après

La nuit, elle pensa

Que perdue comme elle était

Seul un miracle pourrait la sauver

Alors, elle attendit toute la nuit

Sans fermer l’œil

Et le jour se leva

Elle reprit le chemin

Qui conduisait à la plaine

A travers la brume,

Elle aperçut son but

Elle l’atteignit

Cueillit la fleur

Le parfum des roses n’a jamais guéri personne

Mais cette rose-là était spéciale

Elle la glissa dans sa poche

Souffla sur la braise

Pour allumer un grand feu

Qui bientôt la réchauffa

C’est ainsi par ici

On ne l’oublia pas

Elle devint vieille

Très vieille

Et oublia jusqu’à son propre nom

Certains voient passer son fantôme

Les nuits d’hiver

Et entendent sa toute petite voix

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C’était dans une forêt

Publié le par delps

La nuit était tombée

Sur la forêt

Le loup était parti

L’ours s’endormait

Dans sa tanière

L’oiseau ne volait plus

Il était endormi lui aussi

Pourtant, au plus profond

De la forêt

Quelqu’un écoutait la pluie

Tomber sur l’épaisse végétation

Le protégeant momentanément

Il s’était réfugié dans cette grotte

Au centre de la forêt

Là où ni hommes

Ni animaux n’accédaient jamais

Il était vêtu de noir

Comme un moine pénitent

Cela faisait bientôt

Un mois qu’il errait

A travers les arbres

Et les fougères

Il ne dormait presque plus

Il observait la nature

Ses cheveux et sa barbe

Tellement longue

Ses mains calleuses

D’avoir trop cherché

La nourriture dans la terre

Et aux branches des arbres

Là, au centre de la forêt

Cette nuit-là ne fut pas comme les autres

Il se mit à chanter

Et réveilla tous ses voisins

A poils et à plumes

Alors au milieu de la nuit

Au centre de la forêt

Une grande chaleur

Réchauffa tous les petits êtres

Et le lendemain l’ermite

Avait disparu

On n’entendit plus jamais sa douce voix

Dans une autre forêt

Plus loin

Ou au fond des lacs

Il y a l’écho quelque part, de cet ermite

Noir et pénitent

La pluie cessa

Le monde oublia

Et le printemps arriva

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La princesse, l’oiseau et l’arbre

Publié le par delps

Une princesse n ‘est pas une princesse

Tant qu’elle ne s’est pas penchée

Aux fenêtres de sa tour

Un arbre accroché

A la falaise

Pousse

Tant bien que mal

Il grandit, ses branches

Une à une s’allongent

Mais le vent et la pesanteur

Le courbe dans le vide

Alors un jour,

Un oiseau arriva à la fenêtre

De la princesse

L’oiseau bleu se posa

Ensuite sur l’arbre

Et la princesse

Vit que l’arbre pliait lentement

Elle appela l’oiseau

« Viens ici, c’est dangereux !

Tu fais mal à l’arbre »

Alors l’oiseau vint

Se poser

Dans la main de la princesse

Elle l’attrapa

Le mis dans une cage

Et l’oiseau mourut

Quelques jours plus tard

D’une tristesse infinie

Depuis, l’arbre pousse

Lentement

Il est devenu

Tellement grand

Qu’il cache la lumière

A la fenêtre de la tour

La princesse accablée de tristesse

Par le manque de lumière

Mourut

Quelques temps plus tard

Et le château disparut

Au milieu de la forêt

A l’aplomb de la montagne

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