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Le cimetière

Publié le par delps

Jules se promenait dans le cimetière

Voisin de sa maison de quelques mètres

Il n’avait jamais osé passer la porte

Le grand portail, entre deux colonnes

Il montait maintenant

Dans les allées désertes

Il ne voulait pas déranger les morts

Après tout, ils n’avaient rien demandé

Ils voulaient juste reposer en paix

C’était pour leur rendre hommage

Se souvenir de toutes les belles choses qu’ils avaient faites sur terre

C’était ce chemin dans ce lieu paisible

Loin du bruit de la ville

Et plus prés du chant des oiseaux

Dans le silence et le recueillement

Il s’approcha de toutes les tombes de ses ancêtres

De celles des écrivains et des chanteurs célèbres,

Des danseurs, des peintres

Et de quelques généraux d’empire,

Des présidents de la république, etc…

Fatigué d’avoir tant marché

Il s’assit sur une vieille pierre tombale

Et s’amusa de voir les gens

Tous les gens, faire la même chose que lui

La ville entière

Se déplaçait par petits groupes

La mode avait pris

Il n’était plus seul

En sortant du cimetière

Jules se sentit apaisé

Par le lieu,

Le souvenir de chaque personne enterrée

Sa belle émotion

Il la garda pour lui

Jusqu’à la fin de sa vie

Ses cendres furent dispersées

Entre deux arbres au milieu de la pelouse

A deux pas du grand portail

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Dans l’encolure de sa chemise

Publié le par delps

Il y avait une tache rouge

Dans l’encolure de sa chemise

A l’endroit exact

Où son doigt s’était posé

Pour réajuster son allure

Son doigt plein de sang

Devenait violet

Son visage de plus en plus pâle

Le faisait ressembler à un fantôme

Il se vidait littéralement de son sang

La belle, le voyant ainsi

Pris un large chiffon blanc

Et essuya le sang

Qui continuait de couler abondamment

Bientôt le sang rouge

Se répandit dans la plaine

Dans les lacs et les rivières

Tout devint rouge sang

L’homme vaillant devenu pâle

Se noya dans une des rivières

La belle effondrée

Pleura toutes les larmes de son corps

Les larmes bleues se répandirent

Dans les fleuves, les rivières et les lacs

Le pays devint bleu

Mais un bleu sang

Celui des rois de ces contrées lointaines

Le mariage des couleurs avait eu lieu

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Que cette fin là est heureuse

Publié le par delps

Non, il avait tord

Il n’aurait pas dû crier

Il aurait dû se taire

Cette fois était la fois de trop

Impatient, il n’en revenait pas

De l’effet que son intervention

Avait fait sur la foule agglutinée

Il serrait dans ses mains

La rose qu’elle lui avait donnée

En échange de ce cri bestial

Il pleurait maintenant

Il regrettait de s’être emporté

Elle, elle était partie loin

Très loin

Il ne la reverrait jamais

Des années plus tard

Il se fit graver à l’encre bleue

Sur la peau

Une rose qui changeait de couleur

Dés qu’il pleuvait

Maintenant c’était l’hiver

La rose avait gelé

Rien n’interdisait qu’il rêve

A sa dulcinée

Au temps du froid glacial

Ça non, on ne lui enlèverait pas

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Le prince et la ridicule

Publié le par delps

Le prince était timide

Il ne savait pas trop où mettre ses yeux

Où mettre ses mains

Il manquait d’assurance

Depuis son plus jeune âge

Alors la ridicule

Celle dont tout le monde se moquait

Tellement elle était bête,

S’approcha de lui

Ne sachant pas quoi faire de son corps

Il lui donna par inadvertance

Une grosse gifle qui l’envoya au tapis

Les gens riaient de voir cela

La ridicule partit au milieu de la foule

Définitivement ridiculisée

Mais le prince

Avait honte de sa violence impromptue

Il demanda

Qu’on lie ses mains avec une corde

Et qu’on le délivre

Une fois qu’il aurait trouvé sa princesse

Des années passèrent

Il devint vieux

Une princesse lointaine arriva

Elle enleva ses cordes

Et l’emmena dans son carrosse à fleur

A minuit, comme toutes les princesses

Elle disparut

Mais avec le prince

Elle serrait fort ses mains

Une branche de lierre

Puis un arbre

A poussé entre les deux amants

Liant leurs mains à l’infini

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Parce qu’il n’y avait rien d’écrit

Publié le par delps

Alors que la lumière

S’éteignait lentement sur le port

Le maître de cérémonie était parti depuis longtemps

Il n’avait pas souhaité

Assister à la fin de la fête

Les convives sortaient de la grande salle

Ils se déversaient

Au milieu des étoiles

Et la nuit claire et froide

Froide comme le cœur

De ces hommes et de ces femmes

Sans nom

Comme éberlué par la lumière

Des réverbères

Ils leur étaient interdit

De parler

Ils ne disaient mot

De ce qu’ils avaient vu

Cette grande lumière au travers de la salle

Chacun en avait attrapé un bout

Au creux de la main

Ils mettraient cette lumière

Dans leur lit

Sous leur oreiller

Pour faire de beaux rêves

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