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Ce que je n’ai pas

Publié le par delps

Ce que je n’ai pas

Par deux fois il m’a demandé si je voulais venir avec lui

J’étais seule

Je n’avais rien d’autre à faire

Je trouve indécent de toujours refuser

Et il insistait lourdement

Je l’ai suivi dans la forêt

A travers les champs

Au-delà de l’autre forêt

Il a commencé à me parler

A me dire ce qu’il avait sur le cœur

Il parlait bizarrement

Puis au détour d’un chemin

Il s’est mis à courir et il a disparu

Je ne l’ai plus jamais revu

Je me rappelle d’une de ses paroles :

« Tu ne regarderas pas en arrière car si tu souris à la mort, elle t’emportera. »

Ce que je fis c’est courir jusqu’au prochain village

Dans la petite maison

Au coin de la rue

Et réfléchir longuement

J’y suis encore

Et rien n’efface son souvenir

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Comme du bois mort

Publié le par delps

Comme du bois mort

Je vivais dans un appartement

Au-dessous duquel

Il y avait un autre appartement

Et au-dessus un autre appartement

Identique

Au-dessus, la voisine était gentille

En-dessous l’appartement était vide, les fenêtres ouvertes

Même en plein hiver

Si bien que l’eau gelait dans les tuyaux

Et qu’il fallait appeler le plombier

Pour qu’avec un chalumeau

Il dégèle l’eau.

Un de ces jours de sa venue

Je suis rentrée dans l’appartement vide

Comme si je rentrais dans le mien

Mais débarrassé de tout :

Objets, vêtements, meubles,

Plantes vertes, fleurs dans le vase, tapis au sol,

Tout avait disparu

Comme après une guerre.

Je me rappelle des deux fenêtres

Grandes ouvertes alors qu’il neigeait

Je me rappelle du grand froid.

Que restera-t-il lorsque j’aurais disparu ?

Où iront tous ces objets qui m’entourent ?

Une poussière comme la neige blanche qui tombe ?

Cet appartement vide est-ce l’après ou l’avant ?

Est-ce un rêve ou un cauchemar ?

Au milieu du chaos que restera-t-il ?

J’ai fermé les deux fenêtres.

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La couleur de tes yeux

Publié le par delps

La couleur de tes yeux

Je ne me rappelle plus

De la couleur de tes yeux

Il faudrait que je te revois

Et que j’observe

En détail

Cette lueur dans ton regard

Serait moins fade

Si je savais la nommer

Qu’elle ait le nom d’une couleur

Comme une brèche dans la montagne

Comme un glacier qui fond au printemps

Comme le torrent au fond

De la vallée

Ce serait les premiers mots

Ceux d’une couleur

Que j’aurais recréée

Avant de la voir

Et peut-être

J’arriverais à voir

A travers

Ce qu’il y a derrière tant de beauté.

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La colère

Publié le par delps

La colère

C’était un homme en colère.

Il hurlait fort

Après le monde entier.

« Tais-toi monde injuste ! »

criait-il.

Son poing levé

Sa voix rauque

Il était un géant,

Un géant de colère.

« Ne priez pas pour cet homme »

disaient les pauvres gens,

« Il est devenu fou…cela fait si longtemps ».

Mais personne ne savait rien de plus.

La tempête dans son cœur

S’arrêta un jour net.

Il eu une vision, comme un appel

D’un autre monde,

Qui l’apaisa immédiatement.

Il fut libéré de ses peurs

Et cessa d’importuner le reste de la planète.

Il s’endormit

Au bord d’une route

Et personne ne réussit à le réveiller.

Le géant devenu pierre

Puis arbre

Se penchait sous le vent.

Et quand les enfants

Passent prés de lui sur le chemin

Certains ont peur du grand bruit

De ses branches, de ses feuillages :

C’est l’arbre colère.

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A travers les nuages

Publié le par delps

A travers les nuages

Par delà les vallées,

Au-delà des mers

Il y avait une île.

Elle était toute petite

Mais renfermait un trésor.

A l’intérieur d’une boîte,

Il y avait le sourire d’une petite fille.

Elle était là par hasard.

Elle s’était perdue après le naufrage d’un paquebot.

L’eau autour de l’île était froide,

Et aucun pêcheur jamais ne venait s’aventurer

Dans ces eaux troubles.

Dans un autre pays, la petite fille

Avait perdu son sourire

Et chez elle, elle restait triste

A regarder par la fenêtre

Espérant que quelqu’un

Lui ramènerai enfermé dans sa boîte.

Elle avait survécu au naufrage.

Elle regardait l’horizon

Au loin la mer et l’île

Qu’elle n’imaginait même pas.

Le pêcheur, lui,

Savait que cette île existait.

Alors il invita la petite fille sur son bateau.

Ils avancèrent au milieu des flots agités.

Ils aperçurent l’île,

S’approchèrent

Et la petite fille reconnut

La petite boîte que lui avait offert sa grand-mère

Avant de mourir.

Elle la serra fort.

Le pêcheur ramena la petite fille et sa boîte.

Elle garda son trésor

Longtemps au creux de son coeur

Pour les jours de grande tristesse.

Le pêcheur, lui,

Trouve parfois dans ses filets,

Le sourire des enfants.

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Après la grande explosion

Publié le par delps

Après la grande explosion

Le monde est détruit.

La grande explosion a eu lieu.

Plus une âme pour survivre, plus un arbre, plus une fleur.

La noire cendre a recouvert la terre.

Au loin, le plus loin possible,

Des animaux se sont cachés dans la forêt :

Un ours, deux biches, trois écureuils

Et deux chevaux blancs.

L’ours est une femelle.

Elle donnera naissance à des tas de petits oursons.

Le reste de cette population grandira

Comme si la nature était cette fois seule la reine,

Sans l’humain pour la domestiquer.

Alors refleuriront les roses

Dans les plaines, sur les montagnes.

Un petit homme un peu rêveur s’était assoupi parmi la végétation.

Il cultive patiemment son champ et attend son Eve.

Un jour l’humanité se réveillera du grand cauchemar.

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Pour fuir toute cette mélancolie

Publié le par delps

Pour fuir toute cette mélancolie

Nuit enneigée

Jour blanc

La rivière continue à couler

Le long de la voie de chemin de fer

L’orage n’a pas tout détruit

Et les arbres sont debout

Ils poussent

La montagne à pic

Descend de son alpage solitaire

Elle a soif

Soif de vivre, de rejoindre la rivière plus bas

En dessous du monde

L’oiseau noir et rouge

A disparu depuis longtemps

Mais on entend encore son chant

Il virevolte

Dans la mémoire du monde

Son esprit règne sur les villages

La petite gravure que j’avais dans la poche

Me rappelle sa douce présence

Il a disparu mais il reviendra

Peut-être au printemps ?

Le blanc manteau du monde

Attend sagement

Et moi je marche

J’inscris mes pas dans l’immaculé

Je voyage

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On se battra avec de la poésie

Publié le par delps

On se battra avec de la poésie

Les fleurs fleurissent en hiver

La pluie a remplacé la neige

Et le cœur est parfois aux abonnés absents

Avec des mots, avec des fleurs,

Ce seront nos seules armes, nous construiront massivement

Le champ des possibles

Après c’est juste une aventure humaine

Car la mort et la peur

Ne sont pas des options

Nous serons plus forts

Nous avons nos faiblesses

Nous changerons ce qu’il y à changer

Et l’adversité se couchera tôt

Le monde est à réinventer.

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L’attente

Publié le par delps

L’attente

J’étais dans une salle d’attente

Quand soudain apparu

Le père noël

Il avait oublié certains enfants

Qui étaient là à attendre le médecin

Mais il n’avait pas de cadeaux

Il se mit à chanter et d’un coup il plut

Une pluie fine et glaçante

Dans la salle d’attente

Qui n’avait pas de toit

Il repartit avec son traineau

Et les enfants pleuraient

Les médecins tentèrent de les calmer avec des médicaments

Mais rien n’y faisait

Un médecin fabriqua des petites poupées de tissu

Empaquetées dans des bandelettes

Les enfants calmés repartir ravis

Seuls restaient là les autres patients

Ils attendirent des mois et des années

Et finir par se faner comme des fleurs

On entend derrière les murs

Leurs plaintes

Les soirs de Noël.

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C’est l’histoire d’une rose

Publié le par delps

C’est l’histoire d’une rose

Il y a de cela très longtemps vivait une rose

Seule au milieu d’un champ.

Un jour un prince la cueillit et l’emporta avec lui,

Bien cachée dans son sac.

Arrivé dans la grande ville, le prince voulu acheter des tapis pour décorer son palais.

Il en acheta un, deux, cent, mille,

Jusqu’à ne plus pouvoir les faire rentrer dans son palais.

Quand tous les murs et tous les sols furent tapissés,

Il appela son assistant et il lui dit « tu vas chercher dans tous les motifs de ces tapis,

la solution pour trouver le bonheur dans cette courte vie ».

L’assistant se mit au travail.

Mais c’était fastidieux et il finit par s’endormir.

Le prince se réveilla dans la nuit,

Découvrit son assistant assoupi.

Il prit une torche et continua le travail de l’assistant.

Il chercha au milieu des milliers de tapis

Le dessin qui lui ouvrirait les portes de la connaissance.

Au détours d’un méandre et des couleurs chatoyantes,

A la fin de la nuit, il trouva un signe.

Il le nota sur un bout de parchemin,

Le montra à l’assistant qui s’était réveillé.

C’était la forme d’un sein de femme

Qui ressemblait à la rose qu’il avait cueilli.

Alors il partit avec son assistant à la recherche de cette femme rêvée.

On dit que son palais aux mille tapis existe toujours

Et que s’y retrouve en cachette

Les amoureux du monde entier.

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