Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L'eau qui dort

Publié le par delps

 

texte1

 

 

Il faut se méfier de l’eau qui dort.

Il faut se méfier de ceux qui ne parlent pas mais sont capables du plus grand.

Rien ne soulage la haine.

Quand celui qui attise la haine est écouté, alors elle se propage comme un feu de bengale.

Quand cela explose, les pauvres petits défenseurs de la liberté n’ont qu’une chose à faire : résister.

Alors ils arrivent pour éteindre le feu et laisser éclairées seulement les lumières de la vie.

Seuls ceux qui reconnaissent ces lumières accourent alors pour se réchauffer. Ils sont là pour l’amour et l’amitié. Ils ne savent pas encore dire tout cela mais dans leurs yeux la lumière se reflète et c’est déjà une victoire.

Il y a deux mots qui viennent à leur esprit : vigilance et résistance.

C’est au fond de leurs yeux qu’on trouve le secret de ces deux mots qui peuplent l’imaginaire de ceux qui croient à la liberté plus qu’à tout.

Et toi seul tu les reconnaîtras quand tu auras vu.

 


Partager cet article

Repost0

La moitié du sommeil

Publié le par delps

 

figuregravurevalloton 2jpeg 

L’autre moitié c’est celle de la somnolence, du presque réveillé, du demi-rêve à moitié réel.

Un jour une princesse à moitié endormie décide de rester dans son lit. Elle n’en sortira que lorsqu’un prince apparaîtra.

Elle a froid toute seule dans son grand lit mais peu importe, elle ne veut plus jamais sortir, elle veut rester là à attendre.

Autour d’elle des nuées de lucioles s’agitent et l’empêchent de vraiment s’endormir. Elle entend soudain un bruit de pas dans le couloir derrière la porte.

Elle s’enfonce le plus loin au fond des draps immenses et blancs.

La porte s’ouvre. Le soldat en armure rentre de la guerre et cherche une femme pour se marier.

Ses mouvements rendus difficiles par son costume d’acier l’empêchent d’avancer vite.

La princesse en profite et s’enroule comme un escargot dans les plis du grand drap et réussit à disparaître.

Le soldat tombe au pied du lit. Le sang coule de son armure. Il succombe à une mauvaise blessure.

La princesse, elle, est partie si loin dans les plis du drap blanc qu’elle s’est perdue dans ses rêves.

Depuis lors, on dit que le parfum des draps propres et immaculés est celui d’une princesse disparue il y a très très longtemps.

Partager cet article

Repost0

Le voyage à Paris

Publié le par delps

 

figuregravurevalloton1.jpeg

 

La pakistanaise et l’homme la quarantaine marié

Le vigil noir et séducteur

La caissière jeune et fataliste

Le vendeur homo et mélangeur de parfums

Le tableau de St Petersbourg

Le couple ne se parlant pas et regardant nerveusement leur portable respectif

Le serveur vieux, triste et las

La caissière publicitaire pour une promo sur les chaussettes

La pub pour les chaussures dans le film sur la marche

La salle vide dans l’exposition sur le grand peintre du XXe siècle

L’homme absorbé par le tableau

La file d’attente

Le magasin illuminé

Les arbres illuminés

La nuit qui tombe quand même

Marcher jusqu’à la fatigue

Reconnaître l’oiseau noir du tableau dans l’arbre à côté

Avoir envie de rentrer : à la maison, dans le magasin, dans l’autre pièce

Etre au chaud et penser à ceux qui ne le sont pas

Ne pas parler français

Ne pas comprendre les autres langues

Faire le même trajet en long en large

Ne se souvenir de rien

Et rentré vidé et plein à la fois

Partager cet article

Repost0

Joelle et Delphine

Publié le par delps

gravure1

 

gravure5

 

gravure6

Partager cet article

Repost0

Il ne faut jamais par habitude

Publié le par delps

  figureeauforte1

 

Eau forte et pointe sèche

 

Il ne faut jamais par habitude

Construire des frontières

Paraphraser le présentateur

Penser aux aiguilles de l’horloge

Parler en passant

Regarder seulement la fenêtre

S’endormir au volant

Pleurer dans le noir

Fermer les yeux à la lumière

Pardonner à l’ennemi

Obtenir le dû

Somnoler au spectacle

Rire sans éclats

Partager un secret

Se taire quand il est encore temps

Tout dire sans le savoir

Faire comme prévu

Faire comme il a dit

Parcourir le monde intérieur

Courir après le temps

Sombrer dans le vide

Rebrousser chemin

Finir sur un non-dit

Paraître absent

Regretter l’automne

Rentrer sous la pluie

Remettre les clefs du coffre

Ouvrir toutes les portes

Ouvrir celle de son âme

Imaginer le coucher du soleil derrière les nuages

Obtenir gain de cause

Accuser le papillon

Ignorer l’espace qui sépare les êtres chers

Il ne faut jamais par habitude écrire le mot fin

Partager cet article

Repost0

Les deux laboureurs

Publié le par delps

 

D'aprés la lithographie de Charles-Marie Dulac

 

 

                            figuredessincouleur1

 

 

C’est un champ immense jusqu’à la colline.

L’église toute petite, prés de l’arbre tordu, le vent dans les branches, les nuages accumulés annonçant un hypothétique orage.

Les deux laboureurs, en cette fin de journée conduisent péniblement leurs deux chevaux tirant une charrue.

Les pauvres bêtes exténuées ont ralenti l’allure.

Les deux laboureurs acharnés à aller le plus vite possible pour finir leur champ, leur trésor commun, ils hèlent les chevaux :

« Allez ! Allez ! ».

On les entend jusqu’au village.

Soudain un caillou bien trop gros arrête sec le premier laboureur.

Le deuxième esquisse un sourire de satisfaction, quand lui aussi bute sur un caillou.

Ils ont beau crier après leurs deux chevaux de trait, rien à faire. Les chevaux n’avancent plus. Pire un des chevaux excité par les cris tente de s’enfuir en se détachant de la charrue.

Il y arrive et part vite, très vite.

Le laboureur crie et crie plus fort. Il court quelques mètres. C’est trop tard, sa journée se termine bien mal : un champ non labouré et un cheval en cavale.

L’autre laboureur s’est assis au sol. Il admire le coucher du soleil sur la colline, le bruit du vent dans les arbres, la cloche de l’église qui sonne la fin de tout ce désordre.

Il allume sa pipe gardée dans sa poche et dit à l’autre laboureur : « Tu n’y peux rien. Le cheval reviendra sans doute de lui-même. Les charrues quand nous aurons creusé se libèreront des cailloux. Tu n’as qu’à remettre à demain, aujourd’hui il est trop tard. Viens rentrons ! »

« Tu es fou, les chevaux ne vont pas rester ici ! »

« Détachons-les. Reconduisons-les. Rentrons. »

Les deux hommes s’exécutent et rentrent les trois chevaux.

En se levant le lendemain matin, il reconnaît par la porte entrouverte le cheval qui s’était enfuit.

Leur trésor est sauvé.

Il n’y avait qu’à y croire. 

Partager cet article

Repost0

Premiers essais de gravures

Publié le par delps

 

figuregravure1eserie5

 

 

figuregravure1eserie1

 

figuregravure1eserie2

 

figuregravure1eserie4

 

figuregravure1eserie3

 

 

Partager cet article

Repost0

Faire la (le) touriste…

Publié le par delps

 

figuregravure1

 

 

Faire du lèche-vitrine

Attendre à la gare

Avoir une deuxième valise pour tous les cadeaux

Se coucher tôt

Se coucher tard

Marcher dans les ruelles

Ecouter le chanteur

Regarder la danseuse

Oublier quand on rentre

Ne rien faire

Visiter le plus beau monument de la ville

Prendre des photos (trop)

Lire un livre en entier

Appeler un taxi

Monter dans l’avion

Parler aux inconnus

Regarder les plus beaux mecs

Et les filles les mieux habillées

Comparer avec d’anciens voyages les lieux visités

Reconnaître une odeur celle de l’autre ville

Lever la tête et voir le ciel bleu

Siroter un verre à la terrasse d’un café

Dessiner un visage

Se souvenir du retour

Et toujours repartir

Partager cet article

Repost0

L’interlude

Publié le par delps

 

figureacouleur2 1

 

 

Avant le début du générique, il y a l’interlude.

Seules quelques personnes s’arrêtent et regardent.

Quand la lumière s’éteint vraiment l’interlude est fini.

D’ailleurs il ne reste rien qu’un vague souvenir de musique d’ascenseur et de couleurs pastelles.

Le lendemain tout recommence et il y aura d’autres interludes.

Mais entre-temps, la nuit est agitée.

On ne dort que d’un œil et on repense alors à ce drôle de moment qu’est l’interlude.

L’interlude n’a pas de début ni de fin.

Il a toujours existé.

Il est espace dans le temps et seul celui qui s’y promène y trouve ce peu de choses pour vivre.

L’interlude n’est là que pour donner du temps pour flâner, se perdre et se retrouver, décrire avec le doigt la courbe des montagnes au loin, chanter la vieille chanson qui berce avant la nuit, scruter un vieux journal en quête d’un bon mot, apprêter sa coiffure avant le bal et caresser la main de l’aimé.

Seul l’interlude permet d’imaginer les bateaux partir du port les gens saluant la foule amassée là, de sentir le parfum des dernières fleurs avant l’hiver, de pleurer quand le film est triste et de ne jamais regretter le coucher de soleil.

Voilà à quoi sert l’interlude.

Il recommence maintenant.

Partager cet article

Repost0

La danseuse et le capitaine

Publié le par delps

 

  figureacouleur1

 

 

« Ohé mon capitaine, venez vite ! » crie le matelot.

Le capitaine ne distingue rien dans le brouillard. Il avance et trouve la danseuse, celle qu’il a aperçue sur le quai l’autre soir, avant que le bateau ne parte.

« Capitaine il faut venir, c’est urgent ! » crie désespérément le matelot.

Le capitaine voit maintenant le matelot comme il s’est avancé.

« J’arrive ! Que se passe-t-il ? »

« Nous avons vu avant le brouillard, un bateau avancer. Nous n’entendons pas la cloche. Nous avons sonné la cloche, mais aucune réponse. »

Quand soudain, une baleine aussi grande que la proue saute au-dessus du bateau.

« Mais nous avons vu un bateau, pas une baleine ! » insiste le matelot.

Eclaboussé violemment par le plongeon de l’animal, le capitaine dit au matelot :

« Continuez à sonner la cloche, avec ce brouillard on ne sait jamais ».

Revenu vers le milieu du bateau à travers la brume intense, le capitaine sent le parfum liquoreux et voit la belle silhouette rouge d’une femme. C’est la danseuse.

« Ne restez pas là dans cette brume, vous allez attraper froid. »

La danseuse pose ses mains sur la rambarde comme une barre pour un exercice appris par cœur depuis des années.

Elle sourit au capitaine et lui prend la main.

Ils esquissent un pas de danse.

La cloche sonnera tant de fois, comme une douce musique, avant le choc avec l’autre bateau.

Partager cet article

Repost0

<< < 10 11 12 13 14 15 > >>