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Le voyage intérieur

Publié le par delps

Le voyage intérieur

Assise à bord d’un bateau, la princesse Kokoschka regarde les paquebots arriver. Des milliers de personnes vont envahir la ville à la recherche d’un coin d’ombre et d’un peu de fraîcheur. Les vagues commencent à faire tanguer le bateau. Il va partir, mais afférée à écrire une lettre à son mari, la princesse ne se rend compte de rien. Une fois que le bateau a quitté le port, c’est là qu’elle voit s’éloigner les monstres de fer et leurs milliers de passagers.

Alors la traversée commence. A part le commandant et la princesse, il n’y a personne sur le bateau.

La princesse hélas a le mal de mer. Elle s’approche d’une fenêtre pour avoir un peu d’air.

Dehors la brise est exquise en cette chaude journée d’été. Les montagnes de l’île s’éloignent maintenant. On ne voit que du bleu de tous côtés : la mer et le ciel.

Elle jette la lettre par dessus bord car elle n’espère plus revoir son mari volage.

C’est décidé ce voyage sera celui des adieux au mari, à l’île.

Il fait beau, le commandant est beau.

Il a des yeux noirs et profonds comme les profondeurs de la mer.

Le voyage sera long.

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Figures en cours Juin 2014

Publié le par delps

Figures en cours Juin 2014
Figures en cours Juin 2014
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Pour quelques sous de plus

Publié le par delps

Pour quelques sous de plus

L’homme est fatigué. Il trime jour et nuit pour la grande firme et n’est pas reconnu à sa juste valeur.

Quelques sous de plus : c’est ce qu’on lui avait promis, mais il ne voit rien venir. Il attend à la fin de la semaine devant le grand escalier que le contrôleur de salaire lui donne les quelques sous dus.

Il est 16h58 et la liasse de billet arrive. Quelques sous pour l’homme fatigué pour manger, boire et s’habiller. Quelques sous pour essayer de vivre normalement et se reposer pendant les quelques heures qui lui sont accordées à la fin de chaque semaine.

L’homme fatigué rentre chez lui mais en chemin il croise une créature, une femme belle et souriante.

Elle semble plein d’énergie lui qui n’en a plus. Elle apparaît comme sur un nuage, tendre et doux, lui qui s’est entouré d’un rempart infranchissable.

Il lui demande l’heure.

« 5h10 » lui répond-elle.

L’homme fatigué est pressé de rentrer mais la femme lui sourit obstinément semblant lui demander de faire le chemin avec elle.

Sans rien dire, il se laisse guidé dans un halo de lumière. Arrivé au pied de la porte, il rentre la clé dans la serrure et la lumière tout autour de lui s’éteint.

Dans la pièce sombre qui lui sert de maison, l’homme fatigué s’endort, mais chaque nuit il rêve de cet ange qui veille sur lui à distance depuis son doux pays lointain.

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La multiplication

Publié le par delps

La multiplication

Il y a d’abord un seul flacon de parfum.

Son odeur est forte et entêtante.

L’homme comme la femme s’en mettent tous les jours un peu sur le cou, l’avant des bras et le buste.

Rien d’étonnant jusqu’ici.

Quand un magicien au cours d’un de ces numéros commence alors à multiplier des flacons de parfum, l’odeur qui est ainsi produite devient suffocante.

Partout dans les rues, dans les campagnes, au fond des forêts, l’odeur est pestilentielle.

Alors, le roi décide d’arrêter le magicien et de le mettre dans un cachot tout noir.

Les parfums sont brulés et l’odeur se propage maintenant par la fumée.

Une brume épaisse envahit le monde.

Seul le magicien a le pouvoir de venir à bout de cette odeur, mais tout le monde a oublié où il est caché.

Le roi est mort depuis longtemps, beaucoup de fleurs et d’animaux aussi.

Les hommes abrutis par l’odeur sont tétanisés, ils ont perdu la mémoire et ont oublié le vieux magicien.

Mais il n’est pas mort.

Grâce à ses pouvoirs magiques, il est vivant bien après les morts.

Il se réveille chaque matin dans le noir de son cachot et tape contre le mur sa baguette magique, mais rien n’arrive.

Un jour de plus…quand soudain une étoile brille et illumine la petite pièce.

Elle sort par l’interstice du mur et se met à briller tel un soleil.

La brume en quelques minutes disparaît du monde.

Le magicien s’engouffre dans l’interstice qui s’agrandit miraculeusement.

Les fleurs et les arbres se réveillent.

Le magicien est devenu roi.

Depuis, on ne se parfume plus qu’avec la rosée du matin que l’on trouve au fond des

jardins au printemps venu.

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Figures en cours

Publié le par delps

Figures en cours
Figures en cours
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L’arbre à palabres

Publié le par delps

L’arbre à palabres

Un jour un arbre à palabres se met à parler.

Il révèle aux villageois, tous les secrets de chaque habitant.

Bientôt les habitants d’autres pays arrivent et l’arbre continue à révéler les secrets, même ceux des contrées les plus lointaines.

Puis l’arbre un jour se tait.

Il reste immobile au milieu de la brise légère de l’été.

Ses branches larges et feuillues protègent les habitants du village du soleil étincelant mais ne délivre plus aucun secret.

Alors les habitants vont vers un autre arbre.

Lui, chuchote des secrets mais si doucement dans la brise légère que l’on entend à peine.

Alors de fausses informations commencent à circuler dans le village.

Les habitants des autres contrées restés dans le village repartent chez eux, colportant de mauvaises nouvelles.

Et cela dure longtemps.

Jusqu'au jour où le grand arbre aux larges branches se réveille et crie mille fois la même parole : « N’écoutez pas les rumeurs du vent, écoutez votre cœur ! ».

Bien longtemps après, l’arbre aux paroles légères se tait enfin et dorénavant l’arbre aux larges branches, immobile au milieu du vent, répète inlassablement les secrets des amoureux qui s’y donnent rendez-vous les après-midi de canicule, mais seuls ceux qui ont du cœur peuvent entendre.

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Gravures du Sahara 2014

Publié le par delps

Pointe sèche sur plaque de cuivre
Pointe sèche sur plaque de cuivre
Pointe sèche sur plaque de cuivre
Pointe sèche sur plaque de cuivre

Pointe sèche sur plaque de cuivre

Publié dans Gravures

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Le fantasme

Publié le par delps

 

gravurerouge

 

Dans une station de métro, c’est l’heure de pointe.

Sort d’une rame, une jeune femme vêtue de rouge.

C’est  impossible de ne pas la voir tellement son habit illumine la grisaille ambiante.

Elle avance dans la foule, saoulée par le bruit de la rame qui repart et les pas pressés des autres voyageurs.

Derrière elle, une nuée de papillons rouges et roses virevoltent, mais personne ne les voit à part le contrôleur de billet.

Il sait que cette femme détient un secret et seule cette nuée magique indique qui elle est vraiment.

Au détour d’un escalator, elle croise le contrôleur.

Il descend rapidement les dernières marches, remonte les escaliers et interpelle la jeune femme.

« Arrêtez-vous ! Je veux voir votre titre de transport ! »

La jeune femme se retourne et les papillons virevoltent de plus belle autour d’elle.

Elle reste muette et tend le fameux billet au contrôleur.

« Je vous prenais pour une fraudeuse. Excusez mon insistance. Je vois que tout est en règle. Je vous souhaite une bonne journée ».

La jeune femme replace dans sa poche le billet, regarde une dernière fois le contrôleur et sourit.

Elle se retourne avec les papillons autour et disparaît au bout du couloir.

Depuis, certains jours particulièrement gris et humide, des nuées de papillons rouges et roses tournent autour du visage du contrôleur qui ne sait pas comment les faire fuir.

Mais il est le seul à les voir.


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Le point de départ

Publié le par delps

 

Comment revenir au point de départ ?

Après avoir parcouru le ciel et une partie de l’Afrique, s’être baigné dans la foule de la ville ocre et pris les routes escarpées de la montagne enneigée, nous sommes là.

Le bain de lumière, de sable, les formes arrondies, le sable comme la neige tellement blanc et lumineux sur les photos, le ronflement des dromadaires/chameaux et la douce musique du silence.

Retour, car nous retournerons à la ville, nous réentendrons la foule s’agglutiner autour des musiciens et des charmeurs de serpents.

Mais avant nous sommes là, présents dans chacun de nos pas. Nous retournerons vers la piste et les 4X4 ensablés. Nous parcourrons les kilomètres et les routes escarpées.

Mais avant nous sommes derrière la brise et le froid de la nuit, bercés par le silence du milieu du jour, les paroles échangées aussi. Celles qui rappellent le lointain monde que nous avons quitté : la foule et le bruit, la pluie et la pollution.

Seul le chameau/dromadaire sait cela, car il en a vu passer des voyageurs perdus au milieu du rien et de l’infini. Il en a entendu des histoires du monde lointain. Il sait ce que viennent chercher les voyageurs perdus.

C’est ce bain de silence, ces mandarines juteuses, ce thé trop chaud et sucré.

Il sait que sa vie n’est faite que de la rondeur des jours, la rondeur des dunes, la petitesse du grain de sable.

Il sait tout cela mais ne le dit à personne, à part peut-être à son ami le chamelier, le sage du désert qui connaît aussi très bien les secrets des voyageurs perdus qui croyaient trouver au milieu du désert une oreille attentive aux histoires du monde lointain.

Le dromadaire/chameau connaît maintenant toutes les histoires, connaît la peau juteuse des mandarines.

Le chamelier, ce sage ne répète à personne ce que le chameau/dromadaire lui a dit.  

C’est au fond du sable qu’il crie ce qu’il sait et le vent emporte les paroles légères. C’est ainsi que les dunes sont rondes, striées par le vent qui souffle et nous rafraîchit.

Et toutes les paroles s’envolent dans le bain de lumière et de sable jusqu’aux étoiles à la nuit tombée.  

 

 

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Parce qu’elle n’est jamais revenue

Publié le par delps

 

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Elle marche dans la rue et aperçoit au loin la silhouette d’une femme vêtue de noir. Elle s’approche. La femme en noir a disparu dans l’une des ruelles adjacentes.

Elle continue à marcher et là elle voit un homme en complet-cravate courir avec son attaché-case. Il se dirige vers elle et lui demande : « Pourquoi marchez-vous si lentement ? Moi je marche vite vous voyez, je veux gagner beaucoup beaucoup d’argent ! ».

Il s’en va sans laisser le temps à notre héroïne de répondre.

Elle continue et arrive à son lieu de rendez-vous.

Elle vient dans ce restaurant pour revoir une vieille amie avec qui elle a repris contact.

Elle s’assoit à l’une des tables et attend. Elle attend longtemps. L’amie n’arrive pas. Elle s’apprête à sortir quand la porte s’ouvre et la dame en noir de toute à l’heure rentre dans le restaurant. Elle reconnaît son amie. Elles s’assoient toutes les deux à une table et la dame en noir lui annonce trois mauvaises nouvelles : « Je sais que tu ne seras jamais libre, je sais que tu n’es pas sincère et je sais que l’on te ment ».

« Alors dit moi la vérité ! » lui demande-t-elle.

La femme en noir disparaît dans l’entrebâillement de la porte sans lui répondre.

Ainsi elle n’a plus jamais parlé à cette amie en noir et elle sait que tout ce malheur ne lui était pas destiné.

Car depuis elle apprend à marcher lentement et à ne pas écouter les oiseaux de malheur.

 


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